À PROPOS

« Le lynx, roulé en boule dans sa tanière, en quelque chaos rocheux, attendait, pour reprendre sa maraude, que, dans le ciel du Nord, le soleil s’inclinât peu à peu vers l’occident… »

Nous sommes assis par terre, mon petit frère Thomas, mon père, moi, les loups, le nord canadien, les indiens…La voix de mon père…

Alors que je vous écris juste un peu qui je suis, d’où je viens, ces quelques livres qu’il a tenu si souvent dans ses mains qui ne sont plus, sont ouverts sous mes yeux… pas d’illustrations, juste la couleur de ces mots racontés, la chaleur de sa voix douce et grave.

Les mots naquirent en moi de sa voix, mêlant musique, émotion, couleurs… le sens vînt en grandissant.

les mots furent marqués à jamais par beaucoup plus que leur étymologie, beaucoup plus que le sens objectif commun qu’on leur prête. Je crois à une sorte d’impressionnisme verbal; je pense que les mots, seuls, sont insuffisants à exprimer nos sentiments, nos ressentis, ils prennent vie lorsqu'on les associe à la musique, mais aussi à la danse, la peinture, à toutes les formes d'expression corporelle. Les mots ont de multiples dimensions, couleurs, saveurs, sonorités… quand certains sont froids comme des minéraux, d’autres palpitent dans votre bouche, se révoltent sous votre plume, s’écharpent, s’échappent ! 

Je suis issu d’une famille de mangeur de livres.

Ma grand-mère paternelle, femme extraordinaire, féministe, intellectuelle, écrivain, comptât beaucoup dans ma vie… adolescent je passais plus de temps à parler de la vie, de la mort, des livres, de spiritualité avec elle qu’avec les gens de mon âge… elle m’emmena assister à mes premiers opéras, ne me faisant comme cadeaux que des disques de musique classique.

Mon père bien sûr… jouait, quand il pouvait, de la guitare, écoutait en boucle Brassens, Brel, Charles Dumont, mais aussi Vivaldi, Paganini… autrement à la maison tout le monde passait son temps à bouquiner…

Un jour une de mes tantes s’installe chez nous. Elle s’achète un piano, un Gaveau magnifique… elle n’apprendra jamais mais le piano est resté, sa chambre est devenue la mienne et la musique est née. Je me réveille chaque matin avec de la musique dans la tête. Quand j’étais gosse je chantais pour mon frère souvent le soir avant que nous nous endormions… s’il pleuvait en rentrant de l’école (j’adore la pluie !), je chantais « singing in the rain » en sautant dans les flaques d’eau, Fred Astaire, Gene Kelly… parmi mes idoles, les claquettes, la danse… Mes parents voulaient m’inscrire aussi en danse au conservatoire, idiot que j’étais je trouvais que cela faisait trop fille… quel regret aujourd’hui ! Heureusement on peut faire danser les mots, il suffit de les chanter, de les faire tournoyer, valser, pleurer, crier, rire !

J’écris parfois des textes sombres, car la nuit de l’homme est profonde… mais je n’ai pas âme à me morfondre ! La vie est trop lumineuse pour passer son temps à se plaindre !

J’écris et je chante juste pour savoir un jour vraiment dire « je t’aime »… et parce que vivre est merveilleux de doutes, d’espoirs, de joies, de larmes, de rires, de tristesses, de passions, d’amour !

Chaque battement de mon cœur est une note de musique…

J'espère que mes mots vous emporteront sous leurs ailes ! Soyez les bienvenus dans mon univers !

Nicolas

© 2016-2017 Nicolas Granier